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C’est en septembre

… que j’ai décidé de reprendre mon clavier pour vous parler.  Je me suis éloigné intentionnellement pour faire le point et évaluer le sens que j’allais donner à cette troisième année à bloguer.  Je verrai plus tard s’il peut être pertinent de vous parler de mes réflexions, de mes doutes et de mes espoirs concernant ce blogue et le Carnet de classe.  Mais laissons cela pour le moment si vous le voulez bien.

Encore une fois cette année, j’ai disposé ma classe d’une nouvelle façon.  Cela doit bien faire au moins 10 ans que je me creuse les méninges pour réorganiser ma classe.  J’y arrive toujours même si cela me demande une bonne dose d’énergie.  Je ne peux juste pas me rasseoir dans la même classe que l’an passé.  J’en suis incapable.  J’aurais l’impression que le temps s’est embourbé.  J’ai besoin d’avoir le sentiment de repartir en neuf, que les choses ont évolué et que l’on avance.  Et cela, même si j’aimais bien la disposition de septembre passé.  Je le fais aussi pour mes élèves qui ne doivent pas vivre le sentiment du "retour à la case départ", du temps suspendu, de l’éternelle recommencement.  Nous ne recommençons pas et j’appuie très fort sur le fait que nous poursuivons où nous avons laissé en juin.

La nouvelle disposition de la classe vient souligner cette évolution.  Elle s’inscrit dans l’optique d’une collaboration entre tous et dans un esprit d’équipe.  Nous nous sommes donc placés en table ronde.   Et je dois faire remarquer que je "siège sur ce conseil" comme membre à part entière; mon bureau étant bien placé dans ce cercle avec un élève de chaque côté.

Je me suis rendu compte que le centre de notre grand cercle sert de lieu d’échange lors d’activités de consultation comme par exemple le sondage sur les moyens de transports utilisés pendant l’été.  Une activité semblable l’an passé créait de petits groupes qui se dispersaient dans la classe.  Cette année, tout le monde se regroupe au centre pour collaborer, discuter et échanger.  Et cela s’est fait tout bonnement sans que je le suggère ou que j’en parle.  À vrai dire, je n’y avais même pas penser.  C’est en écrivant ces lignes que je viens de m’en apercevoir. 

Je crois donc que la disposition de la classe vient influer sur les comportements des individus.  Mais attention, ce n’est pas magique.  Si le groupe n’est pas prêt à une telle collaboration, placer les pupitres en cercle ne fera pas apparaître cette attitude automatiquement.  Je dis seulement que la disposition de la classe peut mettre l’emphase sur le climat du groupe et faire ressortir les bonnes attitudes comme les mauvaises.

Je pense que cet état d’esprit (le sentiment d’équipe et la coopération) ouvre bien la porte à d’autres échanges semblables que l’on peut retrouver en participant à un blogue. Mon autre hypothèse est que cette ouverture à la collaboration se reflète également dans d’autres domaines et avec d’autres personnes.  C’est ce que je verrai cette année.

En terminant, je vous suggère de consulter mon nouveau dossier spécial sur la rentrée.  J’espère que vous y trouverez des réponses à vos questions et des pistes pour vous supporter en ce début d’année scolaire.

Je vous souhaite à tous un bon départ pour l’année 2008-2009! 

Un commentaire sur Relief me fait réfléchir

   J’ai réagi par un court commentaire à un billet [La réforme a plus de 90 ans] sur Relief, le blog de M. Guité.  Je me suis mis à lire plus à fond en fouinant dans les signets que M. Guité propose dans son billet.  Ça m’a vraiment fait réfléchir sur ma pratique, sur ce que je fais avec mes élèves.  Si bien que plusieurs questions ont surgi sans attendre.

 Qu’est-ce que je veux leur apprendre vraiment?  Pas ce que le gouvernement me dit d’enseigner mais bien ce que je sens (comme citoyen et enseignant) qu’il est de mon devoir de leur apprendre. 

 Quels sont les valeurs que je prévilégie?  Quels sont les actions que je désire leur enseigner?  Quels talents sont plus importants à développer?  

 Suis-je assez intéressant pour qu’ils aient le gout de me suivre dans mes démarches d’apprentissage?  Est-ce que le temps est agréable en ma compagnie ou bien est-ce que je les ennuie à mort?

 Quand on sait que l’on apprend rien de quelqu’un qui nous indiffère ou que l’on déteste, ces questions ne sont pas à prendre à la légère. 

 

Mais laissons un peu cela pour voir mon commentaire qui dit à peu près ceci:

"Mais sérieusement, qu’est-ce qui empêche les enseignants du Québec de fonctionner d’une façon plus "progressive" dans leur classe?  La formation qu’ils ont reçue? Leur passé sur les bancs d’école?  Les pressions externes de la population?  Les bulletins à remplir avec des pourcentages?  Les plans d’intervention adaptés?"
 

   Après l’avoir écrit, je sentais le besoin de m’expliquer un peu plus.  C’est la raison de ce billet.  Voyez-vous, je suis à la recherche de mon chemin depuis deux semaines.  Je me demande pourquoi je blogue et pourquoi je fais bloguer mes élèves.  Je ne sais pas à quoi tout cela peut servir, où cela va me mener dans ma carrière.  Je ne sais pas si je mène les enfants sur le bon chemin.  Est-ce que c’est sur cette route qu’ils apprendront à utiliser les outils les plus adéquats pour leur vie d’adulte?  Je cherche le quoi, le comment et le pourquoi.  Et les réponses ne viennent ni du MELS, ni des commissaires, ou de mes collègues.  L’avenir me le dira-t-il?

 

   Et c’est bien ce que je me demande…  pourquoi tout cela semble avoir dérapé.  Dans les années 90, l’informatique s’implantait en grand.  Il y avait des enseignants-ressources, les APO qui signifient: Application Pédagogique de l’Ordinateur et qui représentent une banque d’exercices en lecture, en écriture et en mathématique.  J’ai reçu des formations pour utiliser les APO.  On avait même des rencontres pour discuter de l’utilisation pédagogique d’Internet qui pointait son nez dans les écoles vers 1996.   Les enseignants et les élèves étaient formés à utiliser cet outil d’une façon pédagogique.  Qu’est-il advenu de mes élèves de 5e année qui avaient participé au Village prologue?  Ont-ils eu la chance de poursuivre leur formation en TIC?

 

   Comment se fait-il que 15 ou 16 ans plus tard, on se demande encore si on devrait enseigner avec l’ordinateur?  Aurions-nous fait du "surplace" pendant toutes ces années?  Que reste-t-il de cette expertise qui était en plein développement?  Tous ces gens formés auraient dû logiquement poursuivre dans la même lignée et s’améliorer.  Ai-je vécu dans un monde parallèle?

 

La solution, c’est chacun de nous

À tous ceux qui, comme moi, reviennent au travail après la semaine de relâche, je vous souhaite un bon retour.  J’ai écrit le brouillon du billet qui suit, il y a un mois environ mais je n’ai pas pris le temps de le compléter pour le publier.  En ce mercredi matin nuageux, je me dis que je dois le poster au plus vite sinon il va terminer dans mes billets rejetés.   

J’ai choisi d’y revenir aujourd’hui parce que je me questionne sur l’enseignement du français.  C’est en forgeant qu’on devient forgeron, dit-on.  Et bien, c’est en écrivant que l’on apprend à écrire.  Je me rends compte que recommencer à écrire régulièrement dans ce blogue m’aide à structurer ma pensée mais surtout, me permet de développer mon français.  Je redécouvre l’orthographe des mots, je dois même utiliser le dictionnaire. 

Je dis "recommencer" puisque j’ai eu une correspondance soutenue avec ma grand-mère pendant toutes mes années d’étude.  Elle était très intéressée à ce que j’apprenais.  Elle m’avait avoué qu’elle aurait tellement aimé avoir la chance de poursuivre ses études et même d’aller à l’université. À travers mes lettres, elle vivait un peu la vie d’étudiant qu’elle n’avait pas pu connaître.  Et moi, j’améliorais mon français à chaque lettre que je lui postais.

Mais comment recréer une situation similaire avec mes élèves?  Une situation qui leur donne le goût d’écrire. Il y a bien sûr le carnet de classe. Mais, je ne peux pas m’en servir assez souvent.  Je cherche une façon de remédier à ce problème…  Voilà, c’est là où j’en suis dans mes réflexions.  J’y reviendrai si je trouve une bonne idée!

Poursuivons avec le billet sur le français.  Le sujet semble moins prenant maintenant mais je veux tout de même vous dire ce que j’avais pensé. Heureusement que la chasse aux sorcières pour trouver des coupables a cessé.  Devait-on vraiment allumer un bûcher?  Qui est responsable de la situation problématique?  Le gouvernement?  Les nombreux ministres de l’éducation?  Nous? Moi? Vous? Eux?

Avec un peu de recul, je vois maintenant plus de positif dans la situation présente.  La tempête achève.  Les nuages se dissipent.  Le soleil va poindre.  Mais, qu’est-ce qui est positif dans cette situation, me direz-vous? 

Eh! bien! Comme dans toutes les situations conflictuelles, nous sommes à l’étape de la prise de conscience. Nous réalisons qu’il y a effectivement un problème. 

1- Prendre conscience du problème

Mais qu’en est-il de ce problème? L’état du français au Québec.  Les jeunes qui écrivent aux sons, depuis les années 70, semble-t-il… (Me dois-je d’ajouter avec une pointe d’ironie).  La qualité du français diffusée dans les médias (radio, télé, sites web, publications en série, chansons, …)  Je ne veux pas faire ici un portrait de la situation.  Ce ne serait pas vraiment utile.  Je veux seulement orienter votre réflexion.  Qu’est-ce que vous constatez?  Avez-vous des exemples précis?  Ne faites-vous que répéter ce que l’on vous dit à la télé ou à la radio?  Tout le monde a lu, vu ou entendu quelque chose sur le sujet.  D’ailleurs chaque personne a une opinion.  Pourtant, je crois qu’il faut désormais franchir le seuil de la simple opinion et regarder ce qui se passe autour de nous… pour faire quelque chose.

2- Faire un historique. 

Est-ce que l’histoire nous apporte des réponses?  On oublie qu’il est bon de regarder en arrière pour estimer la distance parcourue, pour voir notre point de départ et évaluer la direction à prendre.  Le commentaire suivant fait un bon portrait de l’évolution de l’enseignement du français au Québec.  Je vous suggère de le lire.  Repensez aussi à vos années "sur les bancs d’école".  Que pensiez-vous du français quand vous étiez enfant?  Aimiez-vous faire les exercices?  Les devoirs?  Vos parents vous encourageaient-ils?  Était-ce mieux au primaire ou au secondaire?   Attendiez-vous que quelqu’un vous apprenne le minimum ou étiez-vous de ceux qui cherchent par leurs propres moyens pour en apprendre plus?  Faites un petit bilan de votre apprentissage du français.  Quels sont les sentiments qui vous viennent?  Prenez le temps d’y penser.  Ce n’est pas si futile que cela en a l’air. 

Avez-vous vraiment réfléchi?  Prenez votre temps, je vous attends.

C’est fait?  Bon.  Maintenant, voyons ce que j’ai à vous dire…

Si vous êtes fiers de votre langue, transmettez cette fierté à vos enfants. Ne soyez pas passifs. N’attendez pas que l’État règle le problème pour vous.  Soyez responsables de vos actions.  Prenez part au conflit, pas en voulant "river le clou" de tout le monde ou en "tapant sur la tête" de ceux qui ne font pas votre affaire mais bien en essayant de solutionner le problème à votre échelle, dans votre entourage.  Pouvez-vous améliorer l’état du français dans votre lieu de travail?  Dans votre foyer?  Vous êtes inquiets de la qualité du français que votre enfant utilise, dites-le lui.  Parlez-en.  La discussion solutionne bien des maux. Ce n’est pas moi qui l’ai inventé.  Vous le savez aussi bien que moi. Qu’est-ce que votre jeune pense du français?  Voit-il l’importance d’écrire correctement?  Allez chercher ses perceptions et ses idées.  Faites-le parler des embûches qu’il traverse.  Vous pourrez mettre vos pendules à l’heure et accorder vos perceptions et vos attentes.

Et la réponse, elle est là.  Ce n’est pas le rapport Ouellon, ni le plan de la Ministre, ni les cours de français au secondaire, ni les méthodes syllabique ou globale, c’est NOUS.  Chacun de nous.  Chacun a le pouvoir de faire quelque chose.  Chaque parent a la capacité de faire une différence.  Mes parents m’ont transmis le goût de lire.  J’avais hâte de savoir lire comme eux.  Ensuite, j’ai eu hâte d’apprendre à écrire.  Et mes parents ne sont pas uniques en leur genre, ils ont simplement fait comme des milliers et des milliers de parents du Québec ont fait avant eux et feront après eux. 

De plus, on prêche souvent par l’exemple sans trop y penser.  Êtes-vous fiers du français que vous employez?  Avez-vous le souci de bien écrire ou est-ce seule
ment à l’école qu’il est nécessaire de bien le faire?  L’école serait le seul endroit où il faut bien écrire et pour le reste, ça n’aurait aucune espèce d’importance?  Est-ce le message que l’on envoie à nos jeunes? Est-ce que je me dois d’écrire dans un français correct uniquement à l’école?  Et qu’ailleurs, je n’ai plus à me soucier de rien?  Pensez-y.  Pensez-y bien!  Quel exemple donnons-nous à nos jeunes?  Sommes-nous assez fiers de notre langue pour que chacun d’entre nous se préoccupe de sa propre façon de l’employer?  Quand nous aurons répondu "oui" à cette question, nous aurons réglé le problème.

Quand on se soucie de la qualité d’une chose, c’est qu’on veut en être fier? Non?