L’éducation aux médias

Auteur : Sylvain Page 59 of 100

Que c’est amusant, Comic Life!

J’ai finalement réussi à me trouver une période au labo.  Vous pouvez vous imaginer que je n’ai pas manqué ma chance.  Nous avons donc eu l’opportunité de faire l’activité que je voulais tant faire avec Comic Life. 

Comme je l’ai mentionné dans le billet précédent (celui du 20 novembre), mes élèves ne connaissent pas du tout ce logiciel.  Je voulais alors leur permettre d’en faire l’exploration sans que ce soit trop exigent.  Rappelez-vous de ce que je vous ai suggéré auparavant concernant l’apprentissage d’un nouveau logiciel.  Il faut se concentrer d’abord sur le côté technique c’est-à-dire d’apprendre à utiliser le logiciel. 

Pour cette première activité, je n’avais aucune attente sinon que les enfants arrivent à:

  1. se prendre en photo
  2. placer une photo dans un cadre de bande dessinée
  3. choisir une bulle de dialogue
  4. écrire un mot dans une bulle et qu’ils s’amusent

Même si cela ne semble pas tant que ça, je pense que c’était beaucoup.  Et, plusieurs d’entre vous seront aussi de cet avis.  Vous comprendrez alors que je ne me souciais pas du français écrit.  Cela viendra bientôt quand nous raconterons l’histoire de notre recette de trempette.  Chaque chose en son temps! 

Pour le moment, je suis très content de la façon dont l’activité s’est déroulée.  J’ai fait une petite démonstration des possibilités de Comic Life et les enfants ont tout de suite été fascinés par le logiciel.  Les sons qui jouent quand on étire une bulle ou efface une photo contribuent bien à donner un aspect ludique au logiciel.  Les enfants ont compris assez vite comment glisser les photos et les bulles.  Ils ont aussi été surpris de voir que l’on pouvait se prendre en photo directement dans le logiciel.  Pourtant, j’étais un peu inquiet.  Je ne savais pas s’ils arriveraient à utiliser toutes les fonctions dont je leur avais parlées.  Si bien que je ne m’attendais pas à ce qui a suivi… ou peut-être un peu.  Wink

Cette petite activité s’est vite transformée en un jeu extraordinaire!  Nous avons tellement ri.  Bientôt, tout le monde demandait de l’aide à son voisin.  Certains pour les prendre en photo et d’autres pour apparaître avec eux dans la photo.  Les enfants allaient d’un ordi à l’autre pour voir les photos de leurs amis et pour échanger des idées ou des fous rires.  Ils s’amusaient à faire des grimaces ou à prendre différentes expressions du visage comme la peur, la colère, la joie, …  C’était vraiment amusant!  J’étais épaté!  À découvrir vraiment!  J’ai hâte de voir ce qu’ils seront capable de faire une fois qu’ils vont bien maîtriser le logiciel.

Les photos qui suivent sont publiés à titre d’exemple pour vous donner une idée du résultat final et vous permettre d’imaginer tout le plaisir que nous avons eu.  Habituellement, je ne diffuse pas les travaux qui sont faits dans un but de découvrir un logiciel à cause de leur caractère brouillon et incomplet.  Rappelez-vous que je n’ai demandé qu’un mot par bulle et que le but de l’activité était d’arriver à faire une petite bande dessinée avec des photos.  Souvent les enfants faisaient deux personnages différents dans leur bande dessinée. 

 

Connaissez-vous vos légumes: cèleri, carotte, …

Depuis quelques semaines, nous faisons une petite recette à tous les mardis.  Cela entre très bien dans notre thème sur la santé.

PB130158

En joignant l’utile à l’agréable, nous apprenons le nom de différents ustensils et instruments de cuisine comme: une passoire, un "économe", une tasse à mesurer, un bol à mélanger, un plat en Pyrex, une cuiller à soupe, etc.  Et en même temps, les enfants apprennent à s’en servir.

Nous faisons aussi des dégustations, histoire de se familiariser avec les saveurs des différents ingrédients et aliments qui entrent dans la composition de nos recettes.  En goutant à tous ces aliments, les enfants découvrent ce qu’est le sel d’ail, le sel d’ognon, le thym, les doriques à oeil noir, les pois chiches, la cannelle, etc.  Ils apprennent du nouveau vocabulaire et ils développent leur gout.

La semaine passée, nous avons préparé une belle trempette avec des carottes fraiches, du cèleri, des tomates et des poivrons rouge, jaune et orange.   Ils étaient tous enchantés de mettre la main à la pâte.  Ils aiment tellement cette activité de recette que j’ai décidé de prendre des photos en vue de préparer quelques activités d’apprentissage dont une à l’oral et une autre à l’écrit.

Et voici une première activité:  faire raconter en ordre chronologique la création de notre trempette.  Au début, je voulais leur préparer une feuille dans "Word" sur laquelle ils iraient coller certaines photos pour expliquer le déroulement de la recette.  Mais, tout à fait par hasard, je suis tombé sur le logiciel "Comic Life" disponible sur l’iMac.  J’ai trouvé que ce serait beaucoup plus intéressant de raconter notre recette comme si c’était une bande dessinée. 

Par contre, mes élèves ne connaissent pas le logiciel en question.  Je me suis penché sur ce problème et je me suis dit que nous ferions d’abord une petite bande dessinée en équipe afin de nous familiariser avec les fonctions de base du logiciel.  C’est ce que nous ferons cette semaine si j’arrive à trouver une période inutilisée au labo car ma véritable période n’est que la semaine prochaine. 

Un élève coupe les poivrons. 

Pour ceux qui se questionnent sur les mots en italique, lisez ce qui suit.  Je n’ai pas fait d’erreur.  Je me suis amusé à utiliser la nouvelle orthographe suggérée par l’Académie française. Maintenant, reste à savoir ce que je dois enseigner:  les mots avec leur ancienne orthographe ou avec la nouvelle.  Qu’en pensez-vous?  Pour en savoir plus, consultez le dictionnaire de l’Académie française sous la rubrique "orthographes recommandées". 

PIA: l’entrevue avec l’élève

Le but de cette entrevue est de rappeler à l’enfant qu’il peut avoir des difficultés dans certains domaines à l’école mais quand même être capable de réussir dans d’autres domaines de la vie avec facilité.  Ce n’est pas tout noir ou tout blanc.  Il doit s’apercevoir de ce fait et vraiment en prendre conscience:  il peut être aussi bon sinon meilleur que les autres enfants dans une autre sphère d’activités.  Il faut se débarrasser des oeillères académiques pour découvrir les dons, les talents, les capacités et les possibilités que tous les enfants possèdent et ainsi arriver à les mettre à profit.

La semaine passée, j’ai rencontré mes élèves pour la rédaction de leur PIA.  J’aime beaucoup faire ces rencontres qui me permettent de discuter avec l’enfant (le principal intéressé) de ses talents, de ses difficultés et de ses buts, ce qu’il voudrait être capable de faire.  Je trouve qu’il est très intéressant de voir comment l’enfant se perçoit. C’est beaucoup plus complet et enrichissant que le regard limité au domaine scolaire que je peux poser.  L’entrevue se déroule comme suit:

  1. Je commence par demander à l’enfant ce qu’il est capable de faire.  Dans quel domaine, il sait qu’il est très bon, ce qui est facile à faire pour lui.  Et j’élargis toujours les horizons en lui parlant de la maison (Que peut-il faire chez lui?), de l’éducation physique (Dans quels sports, il se sent bon?), des arts plastiques, des jeux après l’école, etc.  Il y a toujours un domaine à quelque part où l’enfant peut performer.  Alors, nous discutons des ses talents.  La première fois que l’élève vit cette entrevue, il ne sait pas trop quoi dire.  Il n’est pas habitué de parler de ses talents ou de ses capacités.  Manque de confiance en soi?  Possiblement.  La deuxième fois, il comprend mieux ce que l’on cherche et il se sent plus à l’aise de parler de ses forces.  Peut-être parce qu’il en a pris conscience à la première rencontre.

  2. Nous continuons l’entrevue en parlant de ses difficultés.  Qu’est-ce qui est difficile à faire pour lui?  Est-ce qu’il y a des tâches plus compliquées à faire à l’école, à la maison?  Dans quel domaine, il a besoin d’aide?  À quelles occasions demande-t-il de l’aide à quelqu’un?  Nous prenons des exemples dans la classe ou dans la cour d’école.  Nous discutons de situations que ce sont produites réellement à l’école ou à la maison. 

  3. Pour terminer, nous parlons ensemble de ce qu’il voudrait être capable de faire.  Quels sont ses buts?  Pourquoi vient-il à l’école?  Qu’a-t-il le goût d’apprendre?  Qu’est-ce qu’il s’imagine être en mesure de faire à la fin de l’année scolaire?  Qu’est-ce qu’il aimerait réussir?  Autant de questions pour nous aider à bien cerner les visées que l’enfant peut se choisir.  Il se retrouve maintenant au centre de ses apprentissages.  C’est vraiment lui qui peut savoir ce qu’il veut apprendre. 

Il y a beaucoup d’avantages à procéder ainsi: 

  1. On se retrouve devant un portrait plus complet de l’élève.  Justement, un plan d’intervention qui a été rempli avec l’enfant fait souvent sourire le parent parce qu’il reconnaît bien là son fils ou sa fille.
  2. L’enfant prend conscience de ses forces et de ses faiblesses.
  3. On s’aperçoit qu’il y a plus chez un enfant que les deux dimensions du domaine scolaire.
  4. Il y a un transfert de pouvoir:  je lui dis qu’"il" a le pouvoir de faire quelque chose et que j’y crois.  Sinon, pourquoi parler de lui?  Je suis là pour l’aider mais il doit lui aussi y croire.
  5. On peut partir de ses réussites pour gagner de la confiance en soi.  – Si tu arrives à faire cela, tu peux aussi t’améliorer dans "ce" domaine.

Autant que faire se peut, il faudrait éviter de remplir le plan tout seul sans avoir consulté le principal intéressé.   Combien de plans j’ai fait signer au début de ma carrière à des enfants qui ne se sentaient pas impliqués!  Les règles ont changé:  est révolu le temps de l’école qui impose un savoir défini à des "apprenants", c’est l’élève maintenant qui choisit ses apprentissages en fonction de ses forces, ses intérêts et ses faiblesses.  La crise est là: l’institution avec son savoir réglementé, contrôlé et standardisé VS le savoir disponible en ligne vivant, répondant au style de l’apprenant, captivant parce que choisi par ce dernier.

Page 59 of 100

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén