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Les stratégies et l'expertise d'un orthopédagogue au fil des saisons

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De retour pour l’année 2019 – 2020

Je veux essayer cette année d’utiliser mon blogue pour partager les stratégies que  j’utilise au jour le jour avec mes élèves; certaines activités que je trouve plus efficaces que d’autres et en fait, arriver à faire le suivi du vécu d’un orthopédagogue tout au long de l’année.

Nous devrions donc retrouver plusieurs moments importants qui se déroulent au courant de l’année :

  1. La “création” de l’horaire des suivis en orthopédagogie
  2. La lecture des DAP (Dossiers d’Aide Particulière)
  3. La rédaction des plans d’intervention
  4. La planification des priorités selon les besoins des élèves en difficultés ou à risque
  5. Le début des interventions, organisées en blocs
  6. La communication avec les parents et les enseignants
  7. Le retour sur l’efficacité des interventions
  8. La mise en place des aides technologiques
  9. Les périodes de rééducation
  10. Des moyens et des stratégies pour mieux cibler les interventions
  11. La rédaction des bilans des suivis en orthopédagogie
  12. La tenue des dossiers d’aide particulière

J’espère que ces renseignements pourront être utiles pour vous aider dans votre pratique.

Mes interventions au premier bloc

Parlons maintenant des interventions que j’ai mises en place durant le premier bloc qui s’est étendu du 17 septembre au 14 décembre avec une pause d’une semaine au début du mois d’octobre pour rédiger les plans d’intervention.

Ce billet ne sera qu’un bref survol. Je vous proposerai bientôt des exemples concrets des interventions qui ont été faites pour chaque sujet.

L’orthographe

Pour les élèves dysorthographiques, corriger un brouillon est souvent un défi de taille. Je leur enseigne bien évidemment à utiliser les outils technologiques comme WordQ, Lexibar et le dictionnaire électronique.  Lorsque j’interviens en orthographe, j’aime bien utiliser également  les règles orthographiques qui viennent du matériel suivant : scénarios pour mieux écrire les mots chez Chenelière Éducation.

Même si les enfants bénéficient d’une aide technologique, une bonne rééducation peut tout de même faire une différence à certains points de vue. Lorsque les enfants sont entraînés à scinder correctement les mots en syllabes écrites, à discriminer les sons dans une syllabe, à organiser les sons dans le temps (développer la perception temporelle), ils se sentent moins dépourvus car ils ont des stratégies qui peuvent les aider.

Les jeux d’orthographe que j’utilise pour cet entraînement sont structurés d’une certaine façon qui permet aux élèves d’acquérir la confiance en soi qui leur fait souvent défaut.

La conscience du nombre

Pour les élèves dyscalculiques, les quantités ont un aspect indéfinissable qu’il nous est difficile à comprendre. Devant un ensemble d’objets comme par exemple, de petits cubes, ils n’obtiennent jamais le même nombre lorsqu’ils essaient d’en faire le décompte. À chaque tentative, la valeur change. Et cela a un grand impact sur plusieurs autres concepts et processus mathématiques comme les échanges entre unités et dizaines, dizaines et centaines, centaines et milliers; la valeur de position dans un nombre;  l’utilisation des algorithmes; etc.

L’an passé, je me suis beaucoup “cassé la tête” pour trouver des interventions qui permettraient d’améliorer la conscience des nombres en passant pas d’autres sens. En consultant un ancien matériel de psychomotricité, il m’est venu une idée de jeu de course que les enfants ont bien aimé faire en octobre.

Un arbre de stratégies dans mon bureau

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En ce début de janvier, je vais recommencer à parler de mon arbre de stratégies avec les élèves.

La philosophie derrière cet objet est simple à comprendre.  Pour arriver au bout d’un travail ou à bout d’une tâche, il faut s’engager en planifiant nos actions. Il ne serre à rien d’attendre et d’éviter. S’engager dans un travail est l’équivalent de grimper dans un arbre. Il faut y aller graduellement, une étape à la fois ou de branche en branche, en réfléchissant à chaque option. Le plus important, c’est qu’il faut continuer à grimper et tenir bon (s’accrocher même si l’on doute d’y arriver). Je rappelle aux enfants que peu importe comment tout cela se déroule, il faut rester dans l’arbre coûte que coûte car il est plus difficile d’essayer d’y remonter lorsqu’on a abandonné. C’est plus décourageant!

Mais laissez-moi d’abord vous expliquez les éléments qui le  composent.

  • Le paresseux : Il a fait un survol rapide du travail et il considère que cela va lui demander beaucoup d’énergie. Il ne veut pas tellement avancer. Il préfère attendre que quelqu’un s’aperçoive qu’il n’a pas débuté la tâche. Il colorie les lettres de la consigne et il fait semblant de travailler. (Quand je le présente aux enfants, je leur demande de me nommer des actions que le paresseux pourrait faire pour avoir l’air de travailler et ils me trouvent souvent d’excellents exemples.)
  • Je comprends la consigne? Oui ou non.
  • Côté “oui” : Lorsque je comprends la consigne, je vais tout de suite à l’utilisation de stratégies.
  • J’utilise des stratégies : Je choisis les stratégies en lien avec la tâche selon ce qu’on me demande de faire : lire et répondre à des questions, écrire un texte, ou bien résoudre un problème de mathématique. Je continue par la suite à avancer et je sélectionne des outils.
  • J’utilise mes outils : Je choisis les éléments qui vont m’aider à compléter la tâche, que ce soit le dictionnaire Eurêka, mes règles orthographiques, un lexique de mathématique, etc.
  • Côté “non” : Je continue au-delà du sentiment de panique pour éviter de “tomber de l’arbre”. Alors, j’encercle le verbe dans la consigne pour trouver l’action à faire. J’active mes connaissances antérieures en essayant de me souvenir d’un travail similaire fait auparavant. Lorsque je me souviens, je passe de l’autre côté de l’arbre où je choisis les stratégies à déployer et j’utilise les outils en lien avec la tâche. Advenant le cas où je ne sais toujours pas quoi faire, je monte à la branche suivante et j’envisage de demander de l’aide.
  • Je demande un dépannage : J’ai le choix de consulter un de mes pairs ou mon enseignant(e) pour recevoir de l’aide. Il est possible de s’entendre avec l’enseignant(e) sur la façon de procéder dans ce cas.

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J’explique aux enfants qu’il ne faut pas céder à la panique et tomber de l’arbre car la chute est douloureuse autant au sens figuré qu’au sens propre. Nous discutons ensuite des sentiments que nous pouvons ressentir lorsque nous abandonnons. Les enfants les connaissent bien ces sentiments. Ils ont déjà ressenti des blessures à l’estime de soi.

Sur un pupitre, tout près de l’arbre, je dépose les dictionnaires, les guides Bescherelle, les agendas, etc.

L’an passé, j’ai eu de bons commentaires suite à la mise en place de cet arbre. Certains élèves m’ont dit qu’ils ont fait appel à leurs connaissances antérieures pendant un examen.

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