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Mon horaire en orthopédagogie

Petit préambule

Je ne sais pas si c’est comme cela pour les autres orthopédagogues des écoles primaires, mais j’ai toujours eu beaucoup de difficulté à faire mon horaire. Dans le passé, je distribuais une feuille où les enseignant(e)s inscrivaient 3 ou 4 choix de périodes arrangées de 1 à 4; un étant celle qui était la préférée.

Ensuite, venait l’interminable négociation lorsque deux ou trois personnes voulaient la même période. Puis finalement, d’une tractation à l’autre, je finissais toujours par compléter mon horaire.

Mon horaire planifié en RAI

Depuis quelques années, je ne fonctionne plus du tout de cette façon. Je me suis aperçu que je pouvais déjà réserver certaines périodes à partir de l’horaire des spécialistes. J’observe bien cet horaire et je note les périodes où toutes les classes d’un même niveau n’ont pas de période de spécialités. Ce sont ces périodes que je leur réserve.

À partir de la liste des élèves à risque et HDAA, j’ai une bonne idée du nombre de périodes nécessaires pour chaque niveau et je les bloque dans mon horaire en conséquence.

Lorsque celui-ci est rempli, je présente cette version « préliminaire » à l’équipe de chaque niveau pour discuter des élèves en difficulté. Nous réfléchissons aux interventions à mettre en place en équipe et nous choisissons les domaines qui seront priorisés au premier bloc d’interventions, comme par exemple,  l’orthographe ou le raisonnement mathématique.

Puis, selon les difficultés relevées et les interventions qui ont été ciblées, je peux allouer  une période pour trois ou quatre élèves qui sont dans des classes différentes ou bien en réserver une pour des élèves de la même classe qui présente la même problématique. Tout ceci est décidé en équipe et c’est ainsi que mon horaire se construit d’un niveau à l’autre. Vous verrez plus bas la « version préliminaire » que j’ai présentée à chaque équipe d’enseignantes et d’enseignants. C’est avec cet horaire que nous avons travaillé cette année. En cliquant sur l’image, vous aurez des explications supplémentaires sur les périodes et le fonctionnement de l’horaire.

J’ai réussi à placer des moments d’intensification, comme je me plais à les appeler, afin qu’il soit possible de voir le ou la même élève 4 fois par semaine. Le fait que ce moment soit toujours à la même heure tout au long de la semaine facilite le fonctionnement pour les enseignant(e)s, les élèves et moi-même.

Je m’organise toujours une période « clinique » pendant laquelle je peux rencontrer un ou deux élèves que je dois évaluer rapidement ou qui ont besoin d’une période supplémentaire pour revoir une notion. La période « clinique » me permet de faire tout cela sans déplacer les autres périodes de mon horaire. Je place cette période à l’endroit où aucun des trois niveaux avec lesquels je travaille n’a de période de spécialistes.

Mon horaire « préliminaire » :

La semaine prochaine se termine le premier bloc d’interventions. Nous allons donc faire la révision des plans d’interventions et planifier le deuxième bloc qui débutera en janvier. Je vous parle de la suite des événements bientôt.

Comment j’ai fait mon horaire cette année

Au début du mois de septembre, j’ai beaucoup réfléchi à une nouvelle façon d’organiser mon horaire pour offrir plus de périodes à certains élèves qui en ont le plus besoin. À vrai dire, j’avais déjà commencé à y penser en juin. Cette idée a germé tranquillement dans ma tête grâce à mes deux années de formation sur le référentiel en écriture [pour consulter ce document en PDF]. Je voulais essayer d’implanter davantage la RAI (Réponse À l’Intervention) dans ma pratique. Mon hypothèse est que cela me permettrait de répondre d’une manière plus efficace aux besoins des élèves à risque et en difficultés.

Voici donc ce que je me disais.

Premièrement, je voulais fonctionner par blocs de huit semaines environ, tel que recommandé par cette approche. En procédant de cette façon, je pense qu’il est possible de s’ajuster rapidement pour répondre à un besoin qui ne cadre pas dans mon horaire.

Deuxièmement, j’avais l’intention de faire du plan d’intervention mon outil de travail. Pour ce faire, il devrait alors contenir les interventions que je compte faire durant le premier bloc pour aider l’élève dans ses apprentissages. Il doit aussi être possible de le modifier avant de début un nouveau bloc d’interventions advenant le cas où il faut ajouter des moyens ou en retirer. Il faut également pouvoir inscrire un nouvel objectif lorsque celui qui était travaillé est atteint. Tout cela sans avoir à attendre la mi-année pour le faire. Je me suis dit que les blocs d’intervention seraient une bonne façon d’effectuer davantage de changements dans un délai plus rapproché.

Troisièmement, mon horaire devrait me permettre de voir certains enfants 4 ou 5 fois par semaine. Si je veux intensifier les interventions pour soutenir encore plus adéquatement les quelques élèves qui rencontrent de graves difficultés, il faut que je les vois plus qu’une ou deux fois par semaine. Ceci n’a pas été facile et m’a causé quelques maux de tête. J’ai dû y penser durant plusieurs jours avant de trouver une solution. Et heureusement, j’y suis arrivé. Ce n’est peut-être pas parfait, mais cela semble fonctionner.

Je vous présente mon horaire très bientôt.

Un outil pour m’aider à prioriser

Nous y revoici! Une nouvelle année scolaire qui commence. Cette rentrée n’aurait rien de bien particulier par rapport aux précédentes si ce n’était de ce climat instable de coupures d’intervenants, de redressement budgétaire et de négociation.

Je crois que je ne surprendrai personne en abordant la priorisation des services. J’imagine facilement que plusieurs écoles du Québec sont dans la même situation que la mienne à ce sujet.

Comme d’autres intervenants, je perçois la pression d’essayer de faire plus avec moins pour répondre aux besoins du plus grand nombre d’élèves en difficulté. Cette pression est d’autant plus difficile à supporter que je sais pertinemment qu’il nous faudra prioriser les interventions pour que j’arrive à fonctionner dans un horaire de cinq jours. La tâche n’est pas simple puisqu’en augmentant le nombre d’élèves à soutenir, je réduis la durée de mes interventions avec chacun.

L’équation est facile à comprendre : moins de temps d’intervention avec un élève égale à peu de progrès.

Je trouve que cette situation est bien imagée en la transposant dans un contexte médical pour mieux en comprendre les enjeux. C’est comme si un médecin faisait un examen médical pour quatre personnes. Il prend la pression de l’un, vérifie les poumons de l’autre, examine les oreilles du troisième et écoute les pulsations cardiaques du dernier. Il pose un diagnostic commun pour les quatre.  Chaque patient ne reçoit ensuite que le 1/4 du traitement. Une situation qui serait intolérable pour tout le monde. Pensez-y bien. Vous refuseriez d’entrer dans le bureau du médecin si vous deviez y entrer avec trois autres patients. Et dans quelle mesure, vous pourriez vous rétablir si vous n’obtenez que le quart de la dose! Tout ça pour sauver de l’argent et augmenter l’efficacité de notre système de santé. Sur papier, ce serait fantastique! Les urgences seraient désengorgées complètement! Pourtant, ce serait désastreux au niveau de la qualité des soins reçus et de la guérison des gens malades.

Mais laissons ce petit exemple pour revenir à la priorisation des interventions.

Je me suis créé un outil que je trouve de plus en plus aidant et c’est pour cela que j’ai décidé de le partager sur mon blogue. Je l’ai appelé la liste de dénombrement des élèves à risque.

Cette grille me permet d’avoir rapidement une vue d’ensemble de tous les élèves à risque, qu’ils aient déjà un code de difficulté ou seulement un PI. En un coup d’oeil, je vois les enfants qui ont besoin d’une aide technologique, qui seront suivi en sous-groupe ou qui doivent recevoir un soutien en individuel. Les lignes pointillées ne sont pas décoratives, mais elles indiquent qu’il est toujours possible qu’un élève soit déplacé d’une colonne vers une autre selon ses besoins et le changement dans les interventions. Ainsi, un nouvel élève peut entrer dans la grille dans la colonne « À surveiller ». Puis, devant la persistance de ses difficultés, il peut se retrouver au niveau 2 (soutien en sous-groupe) sous la rubrique des élèves avec PI. J’ai ajouté la colonne « aides technologiques » pour que ce soit plus facile de dénombrer les élèves qui ont ce besoin. Évidemment, il faut tenir compte du fait que les élèves qui utilisent une aide technologique se retrouvent déjà sous la section des élèves codés ou sous celle des élèves avec PI. Alors, ils ne comptent qu’une seule fois dans le total.

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