L’éducation aux médias

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L’éducation aux médias

Chers lecteurs et chères lectrices,

Je me lance dans une série de billets présentant des pistes de réflexions sur l’éducation aux médias. J’espère vous amener à réfléchir à notre avenir dans un monde numérique qui semble nous échapper petit à petit et nous sortir de la vie réelle. Pour nous accompagner dans nos réflexions, j’ai choisi de vous présenter des chansons interprétées par des artistes francophones. Tel un miroir, elles nous renvoient des images véritables de nous-mêmes, de nos vies, de notre entourage, de nos villes et de notre identité.

Mais d’abord commençons par le début. L’éducation aux médias est un des domaines généraux de formation du PFEQ (programme de formation de l’école québécoise) datant de 2006. À cette époque, les CD-Rom étaient très populaires avec leurs jeux éducatifs et leurs encyclopédies contenant une multitude de photos et de vidéos. L’internet en était à ses premières années dans les écoles.

On constatait déjà à cette époque que les médias occupaient de plus en plus de place dans la vie de tous les jours. La photographie numérique prenaient graduellement de l’importance. La musique numérique s’échangeait d’un ordi à l’autre en un tour de main. Les auteurs du programme s’étaient même projetés plus loin dans le temps en affirmant que les médias allaient influencer nos valeurs, nos gouts et même notre personnalité. Je me souviens d’avoir été un peu incrédule quand j’ai lu cette affirmation lors de la sortie du programme dans les écoles. Comment des CD-Rom, quelques sites web et quelques e-mails (Le terme courriel n’était pas aussi répandu qu’aujourd’hui au Québec.) pouvaient-ils modifier la vie de tous les jours? La réponse, nous la vivons aujourd’hui même, 20 ans plus tard!

Les auteurs allèrent encore plus loin et je cite :

« Si l’école est concurrencée par les médias à plusieurs égards, elle est appelée à jouer un rôle de premier plan en ce qui a trait à la connaissance de leurs fonctions, à la maîtrise des divers langages auxquels ils recourent, au regard critique nécessaire à leur pleine exploitation et à la conscience de leurs effets potentiels. » 

PFEQ, Ministère de l’éducation, 2006

Aujourd’hui, on pourrait dire qu’elle n’est pas seulement concurrencée, mais pratiquement envahie par les médias. À un tel point qu’on a décidé récemment d’interdire l’utilisation de certains outils de communication numérique à l’école. Est-ce que cette décision est bien fondée? Sommes-nous en train d’empêcher Goliath et David de s’affronter? Nous y reviendrons.

Au début du siècle, grâce à ce domaine de formation, on voulait enseigner aux élèves à utiliser leurs sens éthiques et critiques à l’égard des médias. On avait aussi l’intention de les outiller pour qu’ils soient capable de produire des documents médiatiques qui respectent les droits individuels et collectifs. Y est-on parvenu? Avons-nous rejoint la société numérique qu’on imaginait jadis? Pensons-y bien… Il semble y avoir un décalage.

Force est de constater que le numérique de 2026 n’est pas celui de 2006, puiqu’il s’est infiltré dans nos vies à plusieurs égards et dans plusieurs domaines. En fait, dans toutes les sphères de notre existence : de la communication avec nos proches jusqu’à notre sommeil; de nos divertissements publics à notre façon d’apprendre; de nos opinions personnelles à notre vie intime. Cela dit sans jugement de ma part puisqu’il y a de bons et de mauvais côtés à l’utilisation du numérique dans la vie de tous les jours et c’est ce que j’aimerais arriver à démontrer, à analyser et à comprendre.

Partons de ce principe, comme n’importe quel autre instrument, les outils numériques doivent rester ce qu’ils sont : de simples outils.

Je vous laisse y réfléchir en écoutant attentivement les paroles de cette belle chanson d’Ariane Moffatt.

N.B. Le lien vers Apple Music est pour les gens qui ont déjà un abonnement.

Correspondre avec les élèves : les apprentissages

Lorsque j’ai proposé aux parents de démarrer une correspondance avec les élèves, j’avais une certaine idée de ce qu’il était possible d’accomplir. Je savais que je pouvais travailler la structure d’une lettre et que je serais capable d’amener les enfants à corriger leur texte si je leur fournissais une bonne rétroaction.

Comme je l’ai déjà mentionné dans un billet précédent, j’ai repris mon ancienne idée où il s’agit d’utiliser les émoticônes pour donner des indices sur les types d’erreurs. Chaque émoticône est lié à une erreur précise.

Avant de commencer, j’ai expliqué aux parents et aux enfants comment j’allais faire la révision. Je devais être assez précis pour éviter que les parents et leurs enfants doutent de la façon de faire ou ne s’y retrouvent plus. Il me fallait une bonne méthode de travail pour faciliter, d’un côté, la tâche que les enfants feraient à la maison et de l’autre, mon propre fonctionnement. Ce n’est un secret pour personne qu’un outil qui est bien maîtrisé améliore grandement notre efficacité.

Avec une méthode de travail précise :

  • J’encadre la correction des élèves.
  • Je sers de modèle en démontrant une façon de procéder.
  • J’outille les élèves.
  • J’offre des pistes pour permettre à l’élève de se corriger lui-même.

Ainsi, j’ai expliqué que les mots avec une faute seraient soulignés et que je mettrais un émoticône suivi d’un commentaire en rouge entre parenthèses. Voici quelques exemples :

  • En ce moment, je fais juste conter🧐 (« conter » comme « raconter les jours » ?) les jours qui passent […]
  • Je fais trois page🤑(Une ou plusieurs?) par jour avec […]
  • voici😳(Je rougis quand j’oublie la…) la corection🧐(Regarde sur Usito.) : […]
  • À la campagne, il y avais 🥶(Verbe avoir à l’imparfait.) baucoup 🧐(Regarde sur Usito.) de neige […]
  • J’utilise du coton car ses 🔉(ses ça à lui? On peut remplacer le mot par « c’était », donc, il faut écrire « c’est ».) ça que recommande […]

Dans mon prochaine billet, je vous présenterai mon code de révision.

Correspondre avec les élèves : le lien

Projet d’intégration des TIC

J’entretiens une correspondance avec plusieurs élèves depuis six semaines maintenant. Avec certains, le rythme est plus soutenu et se fait à raison de deux messages par semaine environ. Pour d’autres, les messages arrivent dans un délai de 8 ou 9 jours.

Les premiers messages m’ont permis de constater l’inquiétude des parents face à cet arrêt de l’école et la « joie » des enfants de me retrouver. J’étais content de voir que les parents étaient soulagés de pouvoir compter sur mon aide. Je me suis donc entendu avec eux sur la façon de faire mes interventions au niveau de l’écriture. Je leur ai aussi dit que, par la suite, j’essayerais d’offrir du soutien en mathématique en utilisant le bloc-notes de classe dans OneNote. Cependant, il y aurait un délai pour utiliser le bloc-notes car je connaissais peu ce logiciel. Je regardais des tutoriels et je découvrais lentement les grandes capacités de OneNote. J’y reviendrai d’ailleurs prochainement.

Je savais, pour l’avoir vécu il y a de nombreuses années, qu’il pouvait être intéressant de travailler l’écriture, tout en expédiant des messages à quelqu’un. À l’époque, j’avais une classe de 5e année régulière et nous participions au projet « Village Prologue ». C’était au tout début de l’Internet et des e-mails (le mot « courriel » n’avait pas encore été proposé pour remplacer le terme anglais.). Pour faire une histoire courte, ce projet d’intégration des TIC permettait aux enfants de correspondre avec un personnage qui vivait dans une seigneurie au 19e siècle. Les tâches d’écriture étaient signifiantes car il y avait un véritable destinataire.

De retour au contexte d’aujourd’hui et au-delà du destinataire signifiant, il y avait également l’enjeu de rétablir le lien significatif. Certains enfants m’ont fait part de leurs craintes face à la situation incertaine que nous vivons. D’autres m’ont mentionné très honnêtement qu’ils étaient contents de ne plus aller à l’école grâce au COVID-19, mais qu’ils s’ennuyaient de leurs amis. Puis, quelques-uns s’inquiétaient de ne pas pouvoir passer Pâques avec leurs grands-parents. J’ai réagi du mieux que j’ai pu à chaque confidence en restant attentif à ce que les jeunes ressentaient sans jugement et sans être moralisateur non plus, le but étant de les accueillir dans leur détresse ou leur peine.

À certains, j’ai confirmé qu’ils agissaient de la bonne façon en évitant de voir leurs êtres chers car cela les protégeait. Respecter les consignes de la direction de la santé publique est une question de civisme et de bon « vivre ensemble » que j’ai expliqué. À d’autres, j’ai proposé d’envoyer un petit message et un dessin à des amis ou à ceux qui leur manquent. J’ai aussi mis certains élèves en contact en échangeant leurs adresses de courriel en obtenant leur accord et celui de leurs parents.

Puis, au fil des messages, certains d’entre eux se sont sentis assez en confiance pour me montrer leurs dessins et leurs peintures, m’expliquer leur passion pour le surf ou la musique. J’ai reçu des directives pour apprendre à faire de la peinture gonflable ou d’autres bricolages.

Je me suis senti privilégié de partager tout cela avec eux. Je les ai vus sous un nouveau jour. J’ai même cru entrevoir les adultes qu’ils vont ou qu’ils peuvent devenir.

Quand les autorités ont parlé de l’importance de garder un lien avec les élèves pour leur bien-être, je savais exactement ce qu’on voulait dire. Depuis ce temps, je réfléchis ou plutôt, je suis retourné à certaines réflexions que j’avais quand j’ai débuté l’écriture de ce blogue. Le combat entre deux concepts : l’École comme institution qui forme les gens selon une connaissance de base pré-établie et l’Individualité d’un talent qui fait que chacun est unique. Entre les deux, l’intégration des TIC en éducation pour alléger ce combat et faciliter l’entrée dans le cadre scolaire.

En cette période éprouvante où tout est mis sens dessus dessous, je suis presque certain que plusieurs parents et une multitude d’enfants se posent des questions sur l’école. Les enfants de leur côté se demandent s’ils veulent vraiment y retourner. Ou encore si c’est assez motivant de penser qu’on veut y aller pour revoir nos ami(e)s. Ou bien si ce n’était pas mieux de travailler de la maison à son propre rythme. Les parents, eux, posent dans la balance, d’un côté la sécurité et la santé, puis de l’autre le développement des enfants et leurs apprentissages. Où va pencher la balance?

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