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Les stratégies et l'expertise d'un orthopédagogue au fil des saisons

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Conseils pour une meilleure correspondance

Pour entretenir une bonne correspondance avec les parents, il est important d’établir une routine. Une façon stable et constante de fonctionner viendra démontrer votre savoir-faire et aidera à mettre en place un sentiment de confiance. Il y a bien sûr certaines règles d’or à suivre :

  • N’utilisez pas votre adresse de courriel personnelle. Il faut employer le courriel que vous a fourni votre école ou votre commission scolaire. Vous devez pouvoir “décrocher” la fin de semaine ou le soir.
  • Il faut trouver le rythme juste pour “durer”. Quand on commence, on est plein d’ardeur. Alors, on est prêt à y mettre des heures et des heures. Au bout de quelques mois ou au fil des demandes incessantes qui vont arriver, on s’essouffle et on s’épuise. Il faut prévoir des arrêts et des repos. C’est pour cela qu’il est important de mentionner nos limites dès le départ!
  • Penser à utiliser une structure pour vos messages. Il sera plus facile de partir d’un modèle de base que de recommencer à chaque fois avec une page blanche. J’ai enregistré mon modèle dans les brouillons. Je le recopie dans un nouveau message. Il est possible de voir la matière soit écriture, lecture, résolution de problème, aides technologiques, etc. L’intervention peut se faire en classe, en sous-groupe ou en individuel. En voici un exemple :
Bonjour,

Matière : Écriture

Intervention : en sous-groupe

Remarques et notes :
Aujourd'hui, nous avons ....

Merci et bonne journée,
  • Le contenu du message doit aussi respecter une certaine organisation. Dans un prochain billet, je vous présenterai comment j’organise mes remarques et mes notes. La façon de présenter vos interventions est importante pour en faciliter la compréhension. Le déroulement de la rencontre avec l’élève doit aussi être racontée d’une certaine façon, sans jugement.

Que de bouleversements!

Mon idée de documenter le vécu d’un orthopédagogue dans une école primaire a été mise à rude épreuve cette année. Il y a eu d’abord le dégât d’eau dans mon bureau qui m’a privé de mon espace habituel de travail pour pratiquement trois mois. Je n’avais pas accès à mon TNI, la majorité de mes documents étaient dans des boîtes et je me suis retrouvé dans un petit local avec un minuscule tableau blanc “régulier” et quelques feutres effaçables.

Mes collègues de travail ont été très compréhensifs vis-à-vis cette situation déstabilisante. J’ai reçu l’aide et le soutien de plusieurs personnes de mon école. Les gens responsables des travaux ont été très adéquats également. Les enfants aussi ont été particulièrement gentils. J’ai senti leur compassion pour “notre” situation car ils la subissaient autant que moi. Tellement qu’à un moment donné, ils n’arrêtaient plus de me demander quand nous allions retourner dans mon “vrai” bureau. Le mois de décembre nous a paru plus long. En fait, j’ai vraiment retrouvé mon bureau en janvier au retour du congé de Noël. Je n’y avais plus accès depuis la deuxième semaine d’octobre.

Maintenant, avec l’arrivée du coronavirus, mon espace de travail n’est encore une fois plus disponible. Toutefois, la situation est tout à fait différente! Les répercussions sont d’autant plus graves qu’il s’agit de la santé publique et que de nombreuses vies sont en jeux.

J’ai eu une période de découragement sans trop comprendre pourquoi. La fin de semaine après la première semaine de fermeture a été difficile. Je ne comprenais plus à quoi ressemblerait ma vie et comment je pourrais passer le temps. Lorsque je faisais un tour du monde des nouvelles sur la Covid-19, je réalisais avec stupéfaction la gravité de la situation. Je ne savais plus quoi faire ni quoi penser. J’avais de la peine pour les gens en Italie plus particulièrement parce que les cas étaient en train d’exploser. J’étais pris au dépourvu.

Puis, j’ai eu l’idée de continuer à écrire “à mes parents” à qui j’écrivais déjà depuis le début de l’année. Effectivement, pourquoi ne pas continuer! Et encore mieux, pourquoi ne pas proposer de mettre en place une correspondance avec les enfants.

C’est ainsi que, lundi de la semaine passée, j’ai commencé à écrire à mes élèves avec l’accord de leurs parents.

Je vous explique comment j’ai procédé dans les prochains billets.

Comment j’ai fait mon horaire cette année

Au début du mois de septembre, j’ai beaucoup réfléchi à une nouvelle façon d’organiser mon horaire pour offrir plus de périodes à certains élèves qui en ont le plus besoin. À vrai dire, j’avais déjà commencé à y penser en juin. Cette idée a germé tranquillement dans ma tête grâce à mes deux années de formation sur le référentiel en écriture [pour consulter ce document en PDF]. Je voulais essayer d’implanter davantage la RAI (Réponse À l’Intervention) dans ma pratique. Mon hypothèse est que cela me permettrait de répondre d’une manière plus efficace aux besoins des élèves à risque et en difficultés.

Voici donc ce que je me disais.

Premièrement, je voulais fonctionner par blocs de huit semaines environ, tel que recommandé par cette approche. En procédant de cette façon, je pense qu’il est possible de s’ajuster rapidement pour répondre à un besoin qui ne cadre pas dans mon horaire.

Deuxièmement, j’avais l’intention de faire du plan d’intervention mon outil de travail. Pour ce faire, il devrait alors contenir les interventions que je compte faire durant le premier bloc pour aider l’élève dans ses apprentissages. Il doit aussi être possible de le modifier avant de début un nouveau bloc d’interventions advenant le cas où il faut ajouter des moyens ou en retirer. Il faut également pouvoir inscrire un nouvel objectif lorsque celui qui était travaillé est atteint. Tout cela sans avoir à attendre la mi-année pour le faire. Je me suis dit que les blocs d’intervention seraient une bonne façon d’effectuer davantage de changements dans un délai plus rapproché.

Troisièmement, mon horaire devrait me permettre de voir certains enfants 4 ou 5 fois par semaine. Si je veux intensifier les interventions pour soutenir encore plus adéquatement les quelques élèves qui rencontrent de graves difficultés, il faut que je les vois plus qu’une ou deux fois par semaine. Ceci n’a pas été facile et m’a causé quelques maux de tête. J’ai dû y penser durant plusieurs jours avant de trouver une solution. Et heureusement, j’y suis arrivé. Ce n’est peut-être pas parfait, mais cela semble fonctionner.

Je vous présente mon horaire très bientôt.

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