Les médias 101

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Les médias ne sont pas des jouets.

Le mot « média » est issu du latin « medius » qui désigne un moyen ou un intermédiaire. Les médias représentent donc les outils qui se retrouvent au milieu d’une communication. Ils sont l’intermédiaire entre deux personnes; le moyen qui permet de transporter le message.

N’est-il pas fabuleux de pouvoir discuter comme en tête en tête avec une personne qui se trouve à des kilomètres de nous? La regarder dans les yeux et voir les expressions sur son visage. Alors, qu’il y a environ une centaine d’années, il était difficile de transporter la voix sur de longues distances. Aujourd’hui, on dirait que c’est la personne en entier qui se retrouve tout près de nous, à quelques centimètres de notre visage.

Mais les médias ont poussé la communication à un niveau exponentiel. Un message peut rejoindre des milliers de personnes en même temps sans qu’il soit nécessaire de le répéter encore et encore. C’est ce qu’on appelait dans une autre décennie : les « mass media » ou les « médias grand public ». Le message peut être expédié à une population en entier d’un seul coup.

Dans une prochaine série d’articles, je vais tenter de vous présenter différents médias en poussant la réflexion vers différentes directions. Le but de ces articles sera bien sûr de nous faire réfléchir et de vous convaincre qu’il est important d’éduquer les jeunes et les moins jeunes à l’utilisation des médias. Car les questions sont nombreuses :

  • Que sont les médias?
  • Que font-ils?
  • Quelle influence ont-ils sur nos comportements?
  • Présentent-ils un portrait précis de nos civilisations?
  • Servent-ils vraiment à nous rapprocher?
  • Sont-ils en train de nous créer de nouveaux malaises?
  • Permettent-ils de jeter à terre des barrières?
  • Peuvent-ils nous enfermer dans une case?
  • Créent-ils de nouvelles bases pour les relations humaines?
  • Mélangent-ils les sentiments envers les humains et envers les machines?

Gardez en tête lorsque vous me lirez que je n’ai pas la prétention de tout connaître sur les médias et encore moins d’en être un spécialiste. Disons que mon utilisation de certains médias pour enseigner à des élèves m’a amené à me poser plusieurs questions.

Préparons-nous à cette réflexion! Les médias, un jeu ou un défi?

 

Le décrochage et moi

Tout près de la fin du mois de mars, Apple présentait une toute nouvelle gamme de produits pour le domaine de l’Éducation. La présentation était dynamique et, bien certainement, accrocheuse. On avait le goût d’y être, d’entrer dans ce monde éducatif informatisé où chaque personne peut sans exception démontrer le meilleur de soi-même.

J’avoue que la présentation m’a plu car elle m’a ramené à une époque où j’utilisais à chaque jour des outils technologiques pour enseigner à mes élèves. Les projets que les invités ont présentés étaient très emballants! Autant pour les enseignant(e)s que pour les élèves. Je pouvais très bien m’imaginer en train de travailler avec tous ces outils!

Au milieu des années 2000, j’écrivais un blogue éducatif pour présenter toutes les activités que mes élèves faisaient. Ce blogue est rapidement devenu leur portfolio à chacun d’eux. J’expliquais ici-même toutes les démarches entreprises pour monter chaque activité en présentant le plus clairement possible les outils technologiques utilisés. C’était comme un deuxième souffle; ma « flamme sacrée » s’était ravivée!

Juste avant que tout cela n’arrive, j’étais rendu à l’étape de me chercher. Bien honnêtement, je sentais que je tournais en rond avec mes élèves. J’étais tanné d’enseigner les mêmes notions avec les mêmes activités routinières. J’avais besoin d’un défi assez stimulant pour me permettre d’évoluer et de développer d’autres habiletés. Faire du surplace peut être sécurisant à court terme, mais c’est un bon moyen d’éteindre sa motivation.

Je savais toutes les possibilités de l’informatique. Alors, je croyais que les enfants devaient apprendre à maîtriser tous ces nouveaux « médiums » car j’envisageais qu’ils ne seraient pas suffisamment prêts à faire face au monde d’informations dans lequel nous allions tous être plongés jusqu’au cou!

Mais depuis quelques années, j’ai délaissé tout cela…

Bon, j’utilise bien un TNI à chaque jour et je le fais surtout utiliser aux enfants. Toutefois, nous n’obtenons jamais de produits finis, de travaux à présenter qui démontrent l’accomplissement ou les progrès. Alors, j’ai l’impression de piétiner, de faire du surplace. Entretenir sa flamme sacrée est une tâche complexe car il faut croire que l’on a la capacité de bonifier les habiletés d’un être humain au point où son destin en sera mieux.

Ainsi, à certaines périodes durant l’année, j’essaie tant bien que mal de revenir à mon blogue. Je tente de trouver des idées de billets à écrire. Je m’emballe un peu lorsque j’ai l’impression d’avoir un bon filon. Je m’installe devant mon ordinateur et je fais un brouillon. En fait, je débute un court texte. Je le mets de côté en doutant du bien fondé de ce que je veux dire. Je me dis que je vais y revenir. Puis, je laisse tomber.

À chaque année, c’est la même rengaine.  Décrochage ou non?

Je suis en train de penser que j’ai décroché. Pas de l’enseignement! J’adore mon travail et j’ai déjà des projets pour l’année prochaine avec l’équipe d’enseignantes du 3e cycle. Je ne pourrais être plus engagé que cela. Des projets que j’ai très hâte d’expérimenter d’ailleurs et dont je vous parlerai peut-être à un moment donné.

Ma motivation face à l’usage des technologies en éducation est vraiment à son plus bas et mes convictions ont été ébranlées. Je n’arrive pas à concevoir qu’en 2007, j’enseignais d’une façon plus moderne qu’aujourd’hui en 2018!!! Qu’en est-il dans les autres écoles? Plus technologiques aujourd’hui qu’au milieu des années 2000? J’en doute fort, à tort ou à raison! La formation des enseignants a-t-elle changé au point où ceux qui sont fraîchement sortis des universités savent davantage utiliser les technologies en éducation? Je me le demande…

À une époque où la motivation des enseignants semblent aussi au plus bas et où le « Système » croit qu’offrir plus d’argent sera assez tentant pour attirer des masses de « nouvelles flammes sacrées« , on en oublie le vrai fond du problème.

Combien d’enseignants et d’enseignantes terminent leurs journées avec le sentiment d’accomplissement, la satisfaction d’avoir atteint leur but et d’avoir été utiles à leurs élèves?

Je vous laisse un moment pour y penser… Ou une année, si je ne reviens pas ici de si tôt! 😉

De l’éducation aux médias

Où en sommes-nous avec l’éducation aux médias en 2017? Qu’on me le dise.

Hélas! J’ai bien peur que nous n’ayons pas tellement évolués depuis la dernière fois que j’en ai parlé… En février 2009! [Pour relire ce billet, suivez le lien précédent.]

 

Si les enfants apprennent en regardant leurs parents, que découvrent-ils?

Y avez-vous pensé? Quelles sortes de modèles êtes-vous pour vos enfants?

  • Celui qui texte en conduisant avec son cellulaire sur les cuisses…
  • Celui qui est absorbé par son téléphone malgré qu’il est accompagné par des gens…
  • Celui qui poste tout ce qu’il pense sur Facebook, Twitter et compagnie sans penser aux lendemains…
  • Celui qui entre dans des « joutes de mots » à grands coups de commentaires désobligeants sur les sites journalistiques et autres…
  • Celui qui se valorise ou se dévalorise en comptabilisant les « aime » ou « like » qu’il a obtenu sur Facebook…
  • Celui qui ne peut pas passer plus de 5 minutes sans aller voir sur Facebook ou Twitter ce qui se passe ou se publie…

 

Reprenons, si vous le voulez bien, un passage de mon ancien billet qui explique ce qu’est l’éducation aux médias :

… ne pas être démuni face aux messages que l’on reçoit par les médias, c’est-à-dire : la radio, la télé, les journaux, Internet, les sites web, etc. (Démuni comme dans essayer de tout absorber ce qui passe sur Facebook pendant la pause…)

Les médias sont partout (Ils sont maintenant dans votre poche ou plutôt vous les avez toujours en main.) et ils nous disent constamment comment être (Restez à l’abri aujourd’hui, vous annonce Facebook, car il va pleuvoir. On prend soin de vous et vous êtes important pour Facebook, n’est-ce pas?),

comment agir (Tout le monde doit publier une vidéo de chats, non?), quoi penser (Sur son fil Twitter, vous aurez toujours l’heure juste… Mmm! Vraiment?),

quoi porter (Les publicités qu’on vous propose sur Internet sont exactement taillées à votre pointure, non?),

ce qu’il faut manger, ce qu’il ne faut pas manger, quoi dire (Venez déverser votre poison sur cette situation insoutenable. Dites-nous que c’est inacceptable en nous laissant un commentaire. Tout le monde est d’accord avec vous…), comment se sentir, etc.

Les messages sont nombreux (des centaines de millions par jour) et l’on peut s’y perdre (Comment départager le vrai du faux? Fake News, ça vous dit quelque chose?).

Alors, une personne qui sait comment réagir aux médias est capable de:

 – filtrer les messages qu’elle reçoit (les bons, les positifs, les négatifs, côté humain, côté inhumain)(« filtrer » est une action-clé qui permet d’éviter de sombrer dans l’extrémisme ou l’intolérance… J’y reviendrai dans un prochain billet.)

 – comprendre l’influence que les médias exercent sur sa vie (Qui décide de vos actions? Votre propre jugement ou votre téléphone intelligent? Lequel des deux consultez-vous en premier?)

 – garder le contrôle sur ses émotions et sa liberté de jugement (Le futur vous inquiète parce que nous n’aurons plus d’eau potable ou parce que vous n’aurez plus d’essence pour aller au travail en voiture?)

 – décider ce qui est bon pour elle sans être soumis à une influence (Il vous faut absolument voir toutes les vidéos de chats « postées » aujourd’hui…)

Aussi, cette personne n’est pas démunie puisqu’elle est capable d’utiliser les médias pour communiquer adéquatement avec son entourage ou son réseau social.  Elle évite les pièges de la publicité.  Elle fait un usage civilisé des courriels, des messages textes,  des « environnements sociaux sur le web » (tout le contraire d’intimider, humilier, dévaloriser, …) et elle respecte les droits d’auteur.  Elle reconnaît la propriété intellectuelle et y fait attention.  Elle sait protéger la vie privée des gens qui l’entourent (comme filmer quelqu’un à son insu et « poster » cette vidéo sur Facebook pour obtenir des « like »)  ainsi que la sienne.

Vous êtes-vous reconnu parmi certaines affirmations ou situations décrites ci-haut?

Alors, où en sommes-nous avec l’éducation aux médias? Pas très loin, j’en ai bien peur…