Un arbre de stratégies dans mon bureau

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En ce début de janvier, je vais recommencer à parler de mon arbre de stratégies avec les élèves.

La philosophie derrière cet objet est simple à comprendre.  Pour arriver au bout d’un travail ou à bout d’une tâche, il faut s’engager en planifiant nos actions. Il ne serre à rien d’attendre et d’éviter. S’engager dans un travail est l’équivalent de grimper dans un arbre. Il faut y aller graduellement, une étape à la fois ou de branche en branche, en réfléchissant à chaque option. Le plus important, c’est qu’il faut continuer à grimper et tenir bon (s’accrocher même si l’on doute d’y arriver). Je rappelle aux enfants que peu importe comment tout cela se déroule, il faut rester dans l’arbre coûte que coûte car il est plus difficile d’essayer d’y remonter lorsqu’on a abandonné. C’est plus décourageant!

Mais laissez-moi d’abord vous expliquez les éléments qui le  composent.

  • Le paresseux : Il a fait un survol rapide du travail et il considère que cela va lui demander beaucoup d’énergie. Il ne veut pas tellement avancer. Il préfère attendre que quelqu’un s’aperçoive qu’il n’a pas débuté la tâche. Il colorie les lettres de la consigne et il fait semblant de travailler. (Quand je le présente aux enfants, je leur demande de me nommer des actions que le paresseux pourrait faire pour avoir l’air de travailler et ils me trouvent souvent d’excellents exemples.)
  • Je comprends la consigne? Oui ou non.
  • Côté « oui » : Lorsque je comprends la consigne, je vais tout de suite à l’utilisation de stratégies.
  • J’utilise des stratégies : Je choisis les stratégies en lien avec la tâche selon ce qu’on me demande de faire : lire et répondre à des questions, écrire un texte, ou bien résoudre un problème de mathématique. Je continue par la suite à avancer et je sélectionne des outils.
  • J’utilise mes outils : Je choisis les éléments qui vont m’aider à compléter la tâche, que ce soit le dictionnaire Eurêka, mes règles orthographiques, un lexique de mathématique, etc.
  • Côté « non » : Je continue au-delà du sentiment de panique pour éviter de « tomber de l’arbre « . Alors, j’encercle le verbe dans la consigne pour trouver l’action à faire. J’active mes connaissances antérieures en essayant de me souvenir d’un travail similaire fait auparavant. Lorsque je me souviens, je passe de l’autre côté de l’arbre où je choisis les stratégies à déployer et j’utilise les outils en lien avec la tâche. Advenant le cas où je ne sais toujours pas quoi faire, je monte à la branche suivante et j’envisage de demander de l’aide.
  • Je demande un dépannage : J’ai le choix de consulter un de mes pairs ou mon enseignant(e) pour recevoir de l’aide. Il est possible de s’entendre avec l’enseignant(e) sur la façon de procéder dans ce cas.

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J’explique aux enfants qu’il ne faut pas céder à la panique et tomber de l’arbre car la chute est douloureuse autant au sens figuré qu’au sens propre. Nous discutons ensuite des sentiments que nous pouvons ressentir lorsque nous abandonnons. Les enfants les connaissent bien ces sentiments. Ils ont déjà ressenti des blessures à l’estime de soi.

Sur un pupitre, tout près de l’arbre, je dépose les dictionnaires, les guides Bescherelle, les agendas, etc.

L’an passé, j’ai eu de bons commentaires suite à la mise en place de cet arbre. Certains élèves m’ont dit qu’ils ont fait appel à leurs connaissances antérieures pendant un examen.

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Mon horaire en orthopédagogie

Petit préambule

Je ne sais pas si c’est comme cela pour les autres orthopédagogues des écoles primaires, mais j’ai toujours eu beaucoup de difficulté à faire mon horaire. Dans le passé, je distribuais une feuille où les enseignant(e)s inscrivaient 3 ou 4 choix de périodes arrangées de 1 à 4; un étant celle qui était la préférée.

Ensuite, venait l’interminable négociation lorsque deux ou trois personnes voulaient la même période. Puis finalement, d’une tractation à l’autre, je finissais toujours par compléter mon horaire.

Mon horaire planifié en RAI

Depuis quelques années, je ne fonctionne plus du tout de cette façon. Je me suis aperçu que je pouvais déjà réserver certaines périodes à partir de l’horaire des spécialistes. J’observe bien cet horaire et je note les périodes où toutes les classes d’un même niveau n’ont pas de période de spécialités. Ce sont ces périodes que je leur réserve.

À partir de la liste des élèves à risque et HDAA, j’ai une bonne idée du nombre de périodes nécessaires pour chaque niveau et je les bloque dans mon horaire en conséquence.

Lorsque celui-ci est rempli, je présente cette version « préliminaire » à l’équipe de chaque niveau pour discuter des élèves en difficulté. Nous réfléchissons aux interventions à mettre en place en équipe et nous choisissons les domaines qui seront priorisés au premier bloc d’interventions, comme par exemple,  l’orthographe ou le raisonnement mathématique.

Puis, selon les difficultés relevées et les interventions qui ont été ciblées, je peux allouer  une période pour trois ou quatre élèves qui sont dans des classes différentes ou bien en réserver une pour des élèves de la même classe qui présente la même problématique. Tout ceci est décidé en équipe et c’est ainsi que mon horaire se construit d’un niveau à l’autre. Vous verrez plus bas la « version préliminaire » que j’ai présentée à chaque équipe d’enseignantes et d’enseignants. C’est avec cet horaire que nous avons travaillé cette année. En cliquant sur l’image, vous aurez des explications supplémentaires sur les périodes et le fonctionnement de l’horaire.

J’ai réussi à placer des moments d’intensification, comme je me plais à les appeler, afin qu’il soit possible de voir le ou la même élève 4 fois par semaine. Le fait que ce moment soit toujours à la même heure tout au long de la semaine facilite le fonctionnement pour les enseignant(e)s, les élèves et moi-même.

Je m’organise toujours une période « clinique » pendant laquelle je peux rencontrer un ou deux élèves que je dois évaluer rapidement ou qui ont besoin d’une période supplémentaire pour revoir une notion. La période « clinique » me permet de faire tout cela sans déplacer les autres périodes de mon horaire. Je place cette période à l’endroit où aucun des trois niveaux avec lesquels je travaille n’a de période de spécialistes.

Mon horaire « préliminaire » :

La semaine prochaine se termine le premier bloc d’interventions. Nous allons donc faire la révision des plans d’interventions et planifier le deuxième bloc qui débutera en janvier. Je vous parle de la suite des événements bientôt.

Comment j’ai fait mon horaire cette année

Au début du mois de septembre, j’ai beaucoup réfléchi à une nouvelle façon d’organiser mon horaire pour offrir plus de périodes à certains élèves qui en ont le plus besoin. À vrai dire, j’avais déjà commencé à y penser en juin. Cette idée a germé tranquillement dans ma tête grâce à mes deux années de formation sur le référentiel en écriture [pour consulter ce document en PDF]. Je voulais essayer d’implanter davantage la RAI (Réponse À l’Intervention) dans ma pratique. Mon hypothèse est que cela me permettrait de répondre d’une manière plus efficace aux besoins des élèves à risque et en difficultés.

Voici donc ce que je me disais.

Premièrement, je voulais fonctionner par blocs de huit semaines environ, tel que recommandé par cette approche. En procédant de cette façon, je pense qu’il est possible de s’ajuster rapidement pour répondre à un besoin qui ne cadre pas dans mon horaire.

Deuxièmement, j’avais l’intention de faire du plan d’intervention mon outil de travail. Pour ce faire, il devrait alors contenir les interventions que je compte faire durant le premier bloc pour aider l’élève dans ses apprentissages. Il doit aussi être possible de le modifier avant de début un nouveau bloc d’interventions advenant le cas où il faut ajouter des moyens ou en retirer. Il faut également pouvoir inscrire un nouvel objectif lorsque celui qui était travaillé est atteint. Tout cela sans avoir à attendre la mi-année pour le faire. Je me suis dit que les blocs d’intervention seraient une bonne façon d’effectuer davantage de changements dans un délai plus rapproché.

Troisièmement, mon horaire devrait me permettre de voir certains enfants 4 ou 5 fois par semaine. Si je veux intensifier les interventions pour soutenir encore plus adéquatement les quelques élèves qui rencontrent de graves difficultés, il faut que je les vois plus qu’une ou deux fois par semaine. Ceci n’a pas été facile et m’a causé quelques maux de tête. J’ai dû y penser durant plusieurs jours avant de trouver une solution. Et heureusement, j’y suis arrivé. Ce n’est peut-être pas parfait, mais cela semble fonctionner.

Je vous présente mon horaire très bientôt.