Six années

Six années
Depuis le début de cette année scolaire, je ne vais plus au travail de la même façon. Je m’y rends en gardant en tête que les jours filent… qu’ils vont m’échapper… qu’ils s’éloignent… Ce sentiment est complètement nouveau et inédit.

En marchant, je repense à mes débuts dans la profession : les matins à attendre le téléphone sans savoir à quel endroit je vais devoir me rendre ni à qui je devrai enseigner. Et je prends conscience que ces matins stressants sont vraiment loin derrière moi, comme s’ils étaient d’une autre époque. Ce qui est tout à fait compréhensible puisqu’ils se sont effectivement passés dans un autre siècle! En fait, 26 années me séparent d’eux maintenant!  😀

Le fait est qu’il ne me reste plus que six années à enseigner. Six. Cela peut sembler très long pour certains d’entre vous. Pour moi, c’est tout le contraire; je sais que cela va passer plutôt rapidement.

Alors, je me demande comment je veux que ces six années se déroulent. Je me dis que je dois vraiment recommencer à bloguer. Il ne faut plus que je remette cela à plus tard. Dans six ans, aurai-je encore des raisons de le faire? Peut-être pas.

Et puis, je pense que je devrais partager ce que mes années d’expérience m’ont appris sur mon métier. Je sens que c’est mon devoir de communiquer ce que je sais. Sans prétention. Pour aider ceux qui commencent. D’ailleurs, ce fut mon rôle depuis mes débuts en enseignement : aider à apprendre.

Curieusement, depuis que  je suis conscient que les jours qui passent me rapprochent de l’instant où je vais fermer mon bureau pour une toute dernière fois, je me sens plus vivant. Je fais les choses en pleine conscience (pour utiliser des termes qui sont dans l’air du temps).

Voyons voir ce que je ferai de ces six années!

 

Les médias 101

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Les médias ne sont pas des jouets.

Le mot « média » est issu du latin « medius » qui désigne un moyen ou un intermédiaire. Les médias représentent donc les outils qui se retrouvent au milieu d’une communication. Ils sont l’intermédiaire entre deux personnes; le moyen qui permet de transporter le message.

N’est-il pas fabuleux de pouvoir discuter comme en tête en tête avec une personne qui se trouve à des kilomètres de nous? La regarder dans les yeux et voir les expressions sur son visage. Alors, qu’il y a environ une centaine d’années, il était difficile de transporter la voix sur de longues distances. Aujourd’hui, on dirait que c’est la personne en entier qui se retrouve tout près de nous, à quelques centimètres de notre visage.

Mais les médias ont poussé la communication à un niveau exponentiel. Un message peut rejoindre des milliers de personnes en même temps sans qu’il soit nécessaire de le répéter encore et encore. C’est ce qu’on appelait dans une autre décennie : les « mass media » ou les « médias grand public ». Le message peut être expédié à une population en entier d’un seul coup.

Dans une prochaine série d’articles, je vais tenter de vous présenter différents médias en poussant la réflexion vers différentes directions. Le but de ces articles sera bien sûr de nous faire réfléchir et de vous convaincre qu’il est important d’éduquer les jeunes et les moins jeunes à l’utilisation des médias. Car les questions sont nombreuses :

  • Que sont les médias?
  • Que font-ils?
  • Quelle influence ont-ils sur nos comportements?
  • Présentent-ils un portrait précis de nos civilisations?
  • Servent-ils vraiment à nous rapprocher?
  • Sont-ils en train de nous créer de nouveaux malaises?
  • Permettent-ils de jeter à terre des barrières?
  • Peuvent-ils nous enfermer dans une case?
  • Créent-ils de nouvelles bases pour les relations humaines?
  • Mélangent-ils les sentiments envers les humains et envers les machines?

Gardez en tête lorsque vous me lirez que je n’ai pas la prétention de tout connaître sur les médias et encore moins d’en être un spécialiste. Disons que mon utilisation de certains médias pour enseigner à des élèves m’a amené à me poser plusieurs questions.

Préparons-nous à cette réflexion! Les médias, un jeu ou un défi?

 

Le décrochage et moi

Tout près de la fin du mois de mars, Apple présentait une toute nouvelle gamme de produits pour le domaine de l’Éducation. La présentation était dynamique et, bien certainement, accrocheuse. On avait le goût d’y être, d’entrer dans ce monde éducatif informatisé où chaque personne peut sans exception démontrer le meilleur de soi-même.

J’avoue que la présentation m’a plu car elle m’a ramené à une époque où j’utilisais à chaque jour des outils technologiques pour enseigner à mes élèves. Les projets que les invités ont présentés étaient très emballants! Autant pour les enseignant(e)s que pour les élèves. Je pouvais très bien m’imaginer en train de travailler avec tous ces outils!

Au milieu des années 2000, j’écrivais un blogue éducatif pour présenter toutes les activités que mes élèves faisaient. Ce blogue est rapidement devenu leur portfolio à chacun d’eux. J’expliquais ici-même toutes les démarches entreprises pour monter chaque activité en présentant le plus clairement possible les outils technologiques utilisés. C’était comme un deuxième souffle; ma « flamme sacrée » s’était ravivée!

Juste avant que tout cela n’arrive, j’étais rendu à l’étape de me chercher. Bien honnêtement, je sentais que je tournais en rond avec mes élèves. J’étais tanné d’enseigner les mêmes notions avec les mêmes activités routinières. J’avais besoin d’un défi assez stimulant pour me permettre d’évoluer et de développer d’autres habiletés. Faire du surplace peut être sécurisant à court terme, mais c’est un bon moyen d’éteindre sa motivation.

Je savais toutes les possibilités de l’informatique. Alors, je croyais que les enfants devaient apprendre à maîtriser tous ces nouveaux « médiums » car j’envisageais qu’ils ne seraient pas suffisamment prêts à faire face au monde d’informations dans lequel nous allions tous être plongés jusqu’au cou!

Mais depuis quelques années, j’ai délaissé tout cela…

Bon, j’utilise bien un TNI à chaque jour et je le fais surtout utiliser aux enfants. Toutefois, nous n’obtenons jamais de produits finis, de travaux à présenter qui démontrent l’accomplissement ou les progrès. Alors, j’ai l’impression de piétiner, de faire du surplace. Entretenir sa flamme sacrée est une tâche complexe car il faut croire que l’on a la capacité de bonifier les habiletés d’un être humain au point où son destin en sera mieux.

Ainsi, à certaines périodes durant l’année, j’essaie tant bien que mal de revenir à mon blogue. Je tente de trouver des idées de billets à écrire. Je m’emballe un peu lorsque j’ai l’impression d’avoir un bon filon. Je m’installe devant mon ordinateur et je fais un brouillon. En fait, je débute un court texte. Je le mets de côté en doutant du bien fondé de ce que je veux dire. Je me dis que je vais y revenir. Puis, je laisse tomber.

À chaque année, c’est la même rengaine.  Décrochage ou non?

Je suis en train de penser que j’ai décroché. Pas de l’enseignement! J’adore mon travail et j’ai déjà des projets pour l’année prochaine avec l’équipe d’enseignantes du 3e cycle. Je ne pourrais être plus engagé que cela. Des projets que j’ai très hâte d’expérimenter d’ailleurs et dont je vous parlerai peut-être à un moment donné.

Ma motivation face à l’usage des technologies en éducation est vraiment à son plus bas et mes convictions ont été ébranlées. Je n’arrive pas à concevoir qu’en 2007, j’enseignais d’une façon plus moderne qu’aujourd’hui en 2018!!! Qu’en est-il dans les autres écoles? Plus technologiques aujourd’hui qu’au milieu des années 2000? J’en doute fort, à tort ou à raison! La formation des enseignants a-t-elle changé au point où ceux qui sont fraîchement sortis des universités savent davantage utiliser les technologies en éducation? Je me le demande…

À une époque où la motivation des enseignants semblent aussi au plus bas et où le « Système » croit qu’offrir plus d’argent sera assez tentant pour attirer des masses de « nouvelles flammes sacrées« , on en oublie le vrai fond du problème.

Combien d’enseignants et d’enseignantes terminent leurs journées avec le sentiment d’accomplissement, la satisfaction d’avoir atteint leur but et d’avoir été utiles à leurs élèves?

Je vous laisse un moment pour y penser… Ou une année, si je ne reviens pas ici de si tôt! 😉